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Le but de cette page est de est de vous expliquer tous les secrets de la culture des
Cactées et autres succulentes. Si vous êtes débutant, prenez connaissance
auparavant de notre notice de culture simplifiée pour
acquérir les règles de base.
Sommaire :
- Le substrat
- Les pots et le rempotage
- L'exposition
- Les arrosages
- Les engrais
- Les maladies, parasites et traitements
- Les plantations en pleine terre
LE SUBSTRAT
Quand vous achetez un cactus dans le commerce ou dans une jardinerie, la
première chose à faire est d'inspecter ses racines. Les plantes qu'on trouve
en dehors des établissements spécialisés en succulentes pour amateurs sont
généralement cultivées dans de la tourbe peu adaptée à la culture chez le
particulier. Si c'est bien le cas, il faut procéder à un changement de
substrat. Pour cela, commencez par nettoyer les racines du plus gros de la
tourbe. N'essayez pas de tout enlever, ce n'est pas indispensable. Si des
racines sont abîmées, taillez-les aux ciseaux et laissez sécher la plante
pendant une semaine, le temps de cicatriser les plaies. Pour le rempotage,
bannissez absolument les terreaux de tourbe pure, trop riches en matière
organique, utilisés dans la culture industrielle. Les racines s'y
développent bien un certain temps, mais ce genre de support se dégrade très
vite si l'eau est calcaire, se transformant en véritable piège à maladies.
De plus, la tourbe se rétracte fortement en séchant, ce qui rend les
arrosages problématiques. Elle semble aussi attirer les redoutables poux des
racines pendant l'hiver.
Cela dit, il n'est pas toujours facile de trouver les éléments nécessaires à la
composition d'une bonne terre à Cactées. Il existe dans le commerce des sacs de
"Terreau Cactées". Les mélanges proposés varient suivant les marques,
mais, d'une manière générale, on peut dire qu'ils sont essentiellement composés
d'humus (tourbe, terreaux et composts d'origine diverses...), faiblement additionné de matières
d'origine minérale (sable, terre, pouzzolane, etc.). L'expérience montre que ce type de terre
à Cactées convient surtout pour les espèces sud-américaines (Cleistocactus,
Cereus, Pilosocereus, Parodia, Notocactus, Echinopsis...),
les Mammillaria les plus robustes et certaines succulentes
vigoureuses comme les Crassula, les aloès et les agaves,
qui aiment bien les sols riches et acides. En fait, les espèces les plus
cultivées par l'industrie horticole, et donc les plus courantes dans le
commerce, sont celles qui supportent ce genre de substrat ! Mais dès
qu'on cultive des plantes aux racines plus fragiles, il est souhaitable d'ajouter des matériaux inertes tels
que du sable, des gravillons de granit, de la pouzzolane, de la vermiculite ou de la
perlite. Certaines espèces apprécient particulièrement d'avoir
à leur disposition un peu d'argile et de calcaire, notamment les Cactées
nord-américaines, et ces éléments pourront être apportés par de la terre de jardin.
La recette classique indiquée dans la plupart des ouvrages, qui associe terreau, sable et terre de
jardin par parts égales nous parait un peu dépassée, compte tenu de la meilleure
connaissance que nous avons des préférences de ces plantes, et des matériaux plus
nombreux à notre disposition que dans le passé. Autrefois, on recommandait
même de greffer systématiquement toutes les espèces réputées fragiles par
rapport à ce mélange standard,
mais il est tout à fait possible de les cultiver sur leurs racines en
fabriquant des mélanges adaptés, contenant très peu d'humus. La composition des substrats que
nous recommandons est indiquée sur la fiche technique qui accompagne chaque genre dans la
partie "serre de vente" du site. Mais les cactus sont généralement
des plantes très tolérantes, qui peuvent pousser dans des mélanges très
insolites, pour peu qu'on adapte les arrosages aux propriétés du substrat.
Les plus importantes propriétés d'un mélange pour cactus sont une bonne capacité en
air, une rétention en eau moyenne, un pH légèrement acide et une
faible salinité :
- Une capacité en air importante permet aux racines de toujours
respirer. En cas de sol trop lourd et trop compact, les racines s'asphyxient et
pourrissent. Les mélanges pour succulentes doivent toujours être maintenus
poreux, si nécessaire par adjonction de perlite ou vermiculite.
- La rétention
en eau moyenne permet aux cactus de s'hydrater convenablement en quelques jours.
Comme ces plantes n'évaporent que très peu d'eau, la sève ne monte que très
lentement. Le milieu dans lequel poussent les racines doit donc rester humide au
moins pendant quelques jours pour que les plantes bénéficient de l'arrosage.
Mais pas trop longtemps pour éviter que les racines manquent d'air une fois que
la plante a absorbé toute l'eau dont elle avait besoin pour atteindre son
volume maximal.
- Le pH compris entre 5,5 et 6,5 permet une bonne assimilation des
éléments nutritifs. Dans la nature, de nombreuses espèces poussent en sol
calcaire, mais celles-ci s'adaptent très bien en sol légèrement acide, alors
que les plantes originaires de sols acides ne supportent pas du tout le
calcaire. Il est donc préférable de partir sur un mélange plutôt acide, qui
deviendra basique en vieillissant, et qui conviendra à la majorité des
espèces.
- Enfin, la teneur en sels nutritifs sera plutôt faible car les
Cactées et succulentes poussent dans des sols pauvres, sauf exceptions, par
exemple les espèces originaires des régions côtières, qui supportent le
chlorure de sodium de l'eau de mer.
Voyons maintenant les caractéristiques des différents éléments
utilisables pour la culture de nos Cactées et autres succulentes :
Terreau : ce qu'on appelle le terreau est la partie organique du
support de culture. Il est constitué de matières végétales ou animales
décomposées. Il abrite une flore microbienne importante, qui permet aux
plantes d'assimiler les sels minéraux. Pour nos plantes, le terreau peut être du terreau universel à base de tourbe,
si possible avec une structure pas trop fine, ou du terreau de feuilles bien vieux
(si vous en trouvez ou si vous en faites vous-même) mélangé à un peu de tourbe blonde
brute pour l'acidifier. N'utilisez pas les terreaux trop bon marché car leur composition
est parfois douteuse ou inadaptée. L'économie ne se
justifie pas pour de petits volumes. Les terreaux contenant du compost
végétal, des écorces broyées, de la sciure (oui, ça existe !) doivent
être débarrassés des particules grossières non compostées par tamisage.
Sable : le sable doit être non-calcaire et pas trop fin, pour
éviter un tassement trop important du mélange. Le sable de mer est
inutilisable à cause de sa teneur en sel et de sa finesse. Il est de toute
façon interdit de le ramasser ! On peut utiliser du sable de
carrière calibré ou du sable de rivière, vendu en sacs ou en vrac chez les marchands de
matériaux de construction, dans les magasins d'aquariophilie, chez les spécialistes du
traitement des eaux (sable pour filtre).
Pouzzolane : la pouzzolane est une roche volcanique concassée et calibrée. Sa structure
poreuse en fait un matériau idéal pour aérer et drainer les substrats. On peut en
trouver également chez certains marchands de matériaux, ou dans quelques jardineries,
où elle est vendue en sacs. Il y a plusieurs gisements en France, dans le
Massif Central. Si vous habitez dans cette région, il est sans doute possible
d'en ramasser gratuitement !
Perlite :
la perlite est une sorte de pop-corn obtenue par chauffage et dilatation de petits morceaux de
scories. Elle ressemble à des granulés de polystyrène expansé. Sa
grande légèreté et sa porosité permettent d'aérer les substrats, elle stimule
l'enracinement. On l'utilise en principe en proportion inférieure à 20% sinon le
substrat manque de stabilité. Mais il possible de faire enraciner des
boutures dans de la perlite pure. On peut la trouver en sacs de 100 L chez les grossistes en produits pour
l'horticulture ou certains magasins de bricolage. Nous
en fournissons au détail par sacs de 5 ou 10 L.
Vermiculite :
la vermiculite est un matériau isolant très léger, qui sert à isoler les combles ou à
alléger le béton. Elle est fabriquée par dilatation de petites particules de mica. Sa
structure feuilletée, qui augmente de volume à chaque arrosage et qui diminue en
séchant permet de faire respirer le substrat. On la trouve en sacs de 100 L chez les grossistes en
matériaux d'isolation ou certains magasins de bricolage. Nous en fournissons également au
détail par sacs de 5 ou 10 L.
Gravier et granit : Les gravillons de granit en décomposition sont appréciés, en drainage
ou en mélange, par de nombreuses espèces. Mais vous devrez généralement récupérer ce
matériau dans la nature ! A défaut, des graviers de carrière ou de rivière conviennent
aussi pour fournir les éléments les plus grossiers du substrat, ou le drainage.
Argile expansée : Ce matériau est intéressant par sa légèreté et sa structure poreuse.
Fabriquée à partir de billes d'argile cuites, on la trouve facilement, notamment
dans les jardineries. Les grosses billes servent au drainage, les plus petites
peuvent être incorporées au mélange pour stimuler l'enracinement.
Terre de jardin : C'est par définition une terre extraite d'un
jardin cultivé, mais celle qu'on achète par camions pour créer des jardins
est particulièrement stérile, car extraite de couches profondes du sol, où la
proportion d'humus et de flore microbienne est très pauvre. La terre de jardin est à base de sable fin,
d'argile, de calcaire, d'humus et de sels minéraux en proportions très
variables selon la région. Elle apporte aux Cactées les oligo-éléments
indispensables à la croissance et le pouvoir régulateur de l'argile. Attention ! Ne la prélevez pas dans la couche de
surface d'un jardin, qui est pleine de graines et de
parasites, ni dans la couche trop profonde, qui est stérile. Ne l'utilisez que si elle est de bonne
qualité, non contaminée par des traitements herbicides. Si elle est vraiment très
argileuse, réduisez sa proportion dans les mélanges, mais essayez de ne pas la
supprimer totalement. Sur le long terme, mettre un peu de vraie terre dans
votre substrat vous donnera des plantes plus
solides, plus résistantes à la sécheresse et aux maladies. Cependant, une
terre trop fine et trop argileuse demandera à être mélangée avec plus de
perlite et de vermiculite pour éviter une asphyxie des racines. Il est aussi
possible de se passer de la terre de jardin : de nombreux amateurs font des
mélanges moitié terreau et moitié drainage avec d'excellents résultats.
LES POTS ET LE REMPOTAGE
Une fois votre mélange à Cactées préparé, va se poser
le problème du contenant : pots en terre ou en plastique, pots ronds ou
carrés, pots profonds ou raccourcis, pots de yaourt ou boites de conserve ?
Les pots en plastique sont les plus utilisés par les professionnels, en
raison de leur faible poids, de leur matière incassable et de leur
coût bon marché. Leur paroi étant étanche,
l'humidité ne s'évapore que par le dessus de la terre, ce qui permet des gains de temps
d'arrosage. Par contre, un excès d'arrosage peut provoquer des dégâts aux
racines.
Les particuliers préfèrent les pots en terre. Traditionnels, esthétiques et stables, les
pots en terre cuite possèdent, de surcroît, une paroi poreuse qui permet à la motte de
respirer.
Dans les régions chaudes, le pot de terre présente un inconvénient majeur: l'évaporation
excessive de l'eau par la paroi conduit à une concentration des sels minéraux à la
périphérie de la motte, ce qui peut provoquer des brûlures aux racines et le
dessèchement des plantes. Le phénomène est encore plus visible lorsque l'eau est très
dure (c'est à dire quand elle a une forte teneur en bicarbonates et en
sulfates). De plus, le dépotage devient très
difficile lorsque les radicelles sont collées sur une paroi en terre cuite.
On peut donc conseiller aux amateurs des régions très ensoleillées d'utiliser soit des
pots en plastique, soit des pots en terre cuite vernis sur une face, et aux personnes
habitant dans des régions moins chaudes, des pots en terre cuite. En cas de réemploi de
poteries, le nettoyage des pots en plastique est cependant plus facile.
On affirme généralement que les pots carrés permettent de gagner de la place par
rapport aux pots ronds. Il est plus correct de dire que les pots carrés mettent plus de
terre à la disposition des plantes que les pots ronds, pour une même surface occupée.
Car ce qui compte, c'est tout de même la largeur des plantes ! Rempotez, par exemple, 9
boules de 8 cm dans des pots ronds de 10 cm, et 9 autres dans des pots carrés de 10 cm.
Dans les 2 cas, les pots s'inscriront sans peine dans un carré de 30 cm de côté. Mais
les pots carrés contiendront 30% de terre en plus ! De toute façon,
n'oubliez pas que trop
serrer les plantes peut poser des problèmes de manque d'aération entre les
plantes.
Le rempotage se fait de préférence juste avant le démarrage de la
végétation, soit en février-mars, mais il est possible de rempoter presque
toute l'année si on prend la précaution d'utiliser de la terre bien sèche et
de ne pas arroser immédiatement, comme on le fait avec les autres végétaux.
Il est conseillé d'arroser seulement une semaine après quand il fait chaud,
pour éviter la pourriture des racines éventuellement endommagées par
l'opération. En période froide, il faut attendre le retour des beaux jours
pour commencer à arroser. Une autre précaution utile consiste à
apporter dans le premier arrosage un fongicide homologué pour le traitement des
maladies du sol.
Les jeunes Cactées doivent être rempotées tous les ans, à l'exception des
espèces miniatures à croissance très lente, qui sont rempotées seulement tous les 2
ou 3 ans, par exemple les Ariocarpus et Turbinicarpus. A partir
de l'âge de 8 ou 10 ans, le rempotage n'est utile que tous les deux à quatre
ans,
en fonction de la vigueur de la plante. Le rempotage des plantes s'impose
réellement quand la terre est trop vieille, trop tassée, ou qu'il n'y a plus
d'espace entre la plante et le bord du pot. Quand une plante est restée trop
longtemps dans son pot, elle ne pousse plus, parce que les racines ont comblé
les pores du substrat, ou bien parce que la terre est devenue trop pauvre ou
trop calcaire. Dans ce cas là, il faut défaire la motte complètement et
secouer la vieille terre. Les racines sèches ou abîmées doivent être
coupées proprement aux ciseaux. On laisse ensuite les racines sécher à l'air
libre pendant une semaine pour la cicatrisation. Il faut compter deux à trois
semaines pour les racines des gros sujets. Si aucune racine n'a besoin d'être
raccourcie, on peut rempoter immédiatement. Si le changement de pot correspond
à une préoccupation esthétique et que la motte est constituée de bonne terre
fraîche, on peut transplanter sans avoir besoin de changer la terre.
La taille du pot ne doit pas être trop disproportionnée par rapport à la
plante. Pour
rempoter une boule, un pot d'un diamètre 2 ou 3 cm plus large que la plante est
suffisant. Un bon drainage composé de cailloux, de pouzzolane
grossière, d'argile expansée ou de tessons de poterie donnera une bonne assise à vos
Cactées délicates. Vous pouvez disposer ces éléments minéraux au fond du
pot sur quelques centimètres, ainsi
qu'autour du collet, pour le protéger de la pourriture. La plupart des boules
ont des racines superficielles, aussi il n'est pas nécessaire de les planter
dans des pots profonds. Les pots dits "raccourcis", plus larges que
hauts sont conseillés. Si vous n'avez que des pots profonds à votre
disposition, mettez plus de drainage et moins
de terre à Cactées. Vous pouvez éventuellement regrouper les espèces
globulaires du même genre dans des
coupes. De même, les plantes très âgées seront beaucoup plus à l'aise
dans des coupes que dans des pots normaux. Les cierges, par contre, ont des racines très
développées et préfèrent les pots profonds.
Quant aux plantes grasses, la plupart pousse plus vite que les Cactées. Si vous les installez
dans des pots trop grands, elles vous envahiront encore plus vite. Il vaut mieux les
rempoter au fur et à mesure de leur croissance et les tailler quand c'est possible, pour
éviter un rempotage. Inversement, les espèces à croissance très lente
comme les plantes-cailloux ( Lithops ) pourront rester dans leurs pots
ou dans des terrines à bonsaï pendant des années
sans aucun problème.
En conclusion: utilisez le type de contenant que vous préférez ! Mais généralisez son emploi
à toutes vos plantes, de manière à pouvoir arroser en même temps toute votre
collection. Vous pourrez ainsi jouir d'un agréable spectacle lorsque vous contemplerez
celle-ci. L'esthétisme d'une collection est un facteur à ne pas négliger. Cette
remarque est également valable pour les étiquettes: évitez de mélanger les modèles et
les couleurs différentes !
L'EXPOSITION
Les plantes succulentes sont des végétaux originaires de régions très
ensoleillées. Elles demandent donc, en général, le maximum de lumière. Cependant,
certaines petites espèces croissent, au moins pendant leur jeunesse, à l'ombre d'autres
plantes, de rochers, d'herbes sèches, ou vivent dans des atmosphères voilées par la brume. Quelques variétés
prospèrent même dans la pénombre (Schlumbergera, Rhipsalis ...). Les besoins lumineux des
différents genres sont indiqués sur la fiche technique qui accompagne chaque genre dans
la partie "serre de vente" du site.
Il est très important de signaler que les Cactées supportent très mal les brusques changements
d'intensité lumineuse. Si vous choisissez de sortir les plantes pendant la belle saison,
ce qui leur fera du bien, il vaut mieux les habituer progressivement en les ombrant légèrement avec un filet
d'ombrage ou une moustiquaire qui filtrera 25 à 50 % des rayons du soleil, ou en ne les
plaçant pas tout de suite au sud. Faute de quoi, on risque des brûlures irréparables.
Pour plus de détails, voir le COURS PRATIQUE N°2
L'idéal est de cultiver ses cactus dans une serre ou une véranda très lumineuse et bien aérée, de
manière à ne pas avoir à les déplacer. En hiver, pendant la période de
repos, aérez un peu par beau temps pour éviter les maladies. A défaut de
pouvoir aérer régulièrement, brassez l'air avec un petit ventilateur de
faible consommation, qui évitera la condensation sur les plantes et beaucoup de
pertes. Cette solution est indispensable si vous hivernez vos plantes dans une
pièce sombre comme un garage.
LES ARROSAGES
Les questions concernant l'arrosage des plantes succulentes sont les plus fréquentes
et les plus complexes. Si la période de
végétation d'un genre donné est assez facile à déterminer, il est en revanche plus
difficile de donner précisément des quantités d'eau et des intervalles entre les
arrosages. Les plantes sont des êtres vivants. Pour bien les arroser, il faut les
"sentir", les observer. Avec l'expérience, il devient très facile de
déterminer à partir de quel moment on peut arroser un cactus.
Certes, au début, les pertes peuvent être nombreuses (tous les débutants vous le diront !). Il faut savoir
que la plupart du temps, celles-ci sont dues à un excès d'eau. Trop d'eau provoque
l'asphyxie des racines, puis leur pourriture, s'étendant en général à toute la plante.
La qualité du substrat, capable de contenir beaucoup d'air et pas trop d'eau, est donc
essentielle.
Le bon truc consiste à toujours bien laisser sécher les Cactées entre deux arrosages. Au moment de
l'arrosage, la motte doit être complètement sèche sur plusieurs cm de
profondeur, sauf en plein été, où
elle peut receler des traces d'humidité, mais il est toujours plus sûr
d'attendre que tout soit sec. Certaines plantes sont plus gourmandes en eau
- Crassulacées, Liliacées, etc. - mais peuvent s'accommoder de la même fréquence que
les Cactées si vous en possédez dans votre collection : il suffit d'augmenter la
quantité d'eau pour ces variétés ou bien d'utiliser un substrat plus riche en
terreau. En ce qui concerne la quantité d'eau à apporter, celle-ci doit
permettre de bien mouiller la terre dans tout le pot pour 2 ou 3 jours au
minimum. Si vous ne mettez que quelques gouttes, la plante ne pourra pas
en profiter. D'autre part, les petits pots sèchent beaucoup plus vite que les
grands. Plus les pots sont grands, plus il faudra d'eau pour bien les arroser
et moins souvent on les arrosera. La manière la plus logique de procéder est
donc de regrouper les plantes en fonction
de leurs besoins en eau et de leur taille. C'est beaucoup de travail, mais cela permet d'éviter par la suite toute
erreur d'arrosage. Si vous arrangez votre collection d'une manière simplement
esthétique, en mélangeant petits pots et grands pots, en alternant Cactées
et plantes grasses, il vous faudra beaucoup d'attention lors des arrosages !
Une plante ordinaire, privée d'eau, vous prévient qu'elle a soif en se ramollissant. Le phénomène est beaucoup
moins visible chez les succulentes, mais existe. La structure "en soufflet" des
Cactées, absorbe sans dommage les importantes variations de volume de la plante, qui se
gonfle à chaque arrosage, et se dégonfle à chaque période de sécheresse. Il faut cependant se montrer prudent avec une plante qui était au repos, ou qui était restée longtemps
dans le même pot. Pour une plante endormie, aux tissus endurcis, un arrosage trop
excessif, associé à un changement de pH consécutif au renouvellement de la
terre, peut faire éclater les côtes de la plante.
Eclatement visible sur un Ferocactus flavovirens.
En dehors de l'excès d'eau, une autre cause de perte par pourriture est l'arrosage à contre-saison. Les Cactées poussent et s'arrosent
du printemps à l'automne, les pluies dans leurs pays d'origine intervenant en
saison chaude. Il est à noter que les espèces sud-américaines se sont
parfaitement adaptées à nos latitudes, et qu'elles ont le même cycle de végétation
que les nord-américaines, à quelques exceptions près comme certains Eriosyce
et Copiapoa qui poussent en hiver. Si vous gardez vos cactus dans un appartement normalement
chauffé, vous pouvez les arroser une fois par mois en hiver, sinon gardez les au
frais et au sec pendant les 3 ou 4 mois les plus froids, pour respecter leur
cycle naturel.
Les autres plantes succulentes, appartenant à différentes familles, ont des périodes de croissance plus
diverses. Les espèces gardent en principe leur cycle basé sur les saisons de pluie de
leurs régions d'origine : quand il pleut,
elles se mettent à pousser et à fleurir. Certaines plantes de l'extrême
ouest de l'Afrique du Sud et de Namibie peuvent donc se mettre en repos en été
parce que dans cette zone les étés sont chauds et secs. Les plantes de cette
catégorie poussent surtout en automne et en hiver, à condition de les
chauffer un peu plus que les plantes qui sont en repos hivernal. Quelques exemples:
les
Tylecodon, les Pelargonium perdent leur feuilles en été. Les Cheiridopsis,
les Fenestraria, beaucoup d'Euphorbia, fleurissent en plein hiver.
Les plantes des Iles Canaries se comportent de la même manière : en juillet-août, les
rosettes des Aeonium sont refermées, les Senecio kleinia perdent leur
feuilles.
D'autres espèces suivent à peu près le même rythme que les Cactées : les agaves, les Broméliacées, les
Cyphostemma (Afrique du Sud et Namibie) qui poussent de mai à novembre.
Les Echeveria, Pachyphytum et Sedum, bien qu'originaires du Mexique, montrent
aussi des signes évidents de croissance et de floraison en hiver, mais on ne peut pas dire pour autant qu'ils
arrêtent de pousser en été, sauf s'il fait excessivement chaud. Ces plantes
peuvent donc être arrosées toute l'année si le temps le permet. Les plantes originaires du sud de
la province du Cap, comme les Crassula ou les Gasteria, habituées à des
pluies régulières, appartiennent aussi à cette catégorie, ainsi que les Kalanchoe
de Madagascar,
La fréquence d'arrosage dépend de la période de l'année et de l'endroit
où on cultive les plantes. A l'intérieur, les pots sèchent beaucoup plus
lentement qu'en plein air, sauf grosses pluies évidemment. A l'extérieur, les
cactus peuvent rester mouillés beaucoup plus longtemps qu'en milieu fermé sans
présenter de pourriture. Les courants d'air et les températures plus basses
qu'en serre expliquent ce phénomène. Les fréquences suivantes peuvent être
modulées en fonction de votre climat :
- Dans la maison : une fois par mois suffit en général.
- Dans la véranda ou la serre : une fois par mois en hiver si la température
est supérieure à 15°. Si vous ne chauffez pas, n’arrosez pas les cactus
pendant tout l’hiver, donnez un peu d’eau aux plantes grasses à feuilles
une fois par mois. Au printemps : une fois tous les 10 jours. En été :
une fois par semaine, sauf plantes en repos estival (à garder au sec et si
possible dans un lieu frais et ombragé, par exemple sous un arbre). En
automne une fois tous les 15 jours.
- A l’extérieur : au printemps, arrosez une fois par semaine si le
temps est sec. Arrosez une ou deux fois par semaine en été. En automne,
pensez à abriter les plantes de la pluie, abondante en cette saison, avant de
les rentrer. Ne rentrez pas dans un garage ou une cave les plantes trempées,
elles mettraient énormément de temps à sécher et pourraient moisir en
hiver ! Les plantes qui passent l’hiver dehors pour des raisons
d'encombrement ne devront pas reposer dans des soucoupes ou des flaques d’eau, et leurs pots
devront être bien drainés pour éviter la pourriture.
En suivant nos conseils d'arrosage genre par genre, vous ne devriez pas rencontrer de problème.
Restez toujours attentif au comportement des plantes. Par exemple, si vous voyez
que les feuilles jaunissent et tombent, que les rosettes se referment, arrêtez
les arrosages. Si vous voyez qu'un Lithops (plante-caillou) est bien rebondi,
n'arrosez pas, attendez qu'il soit un peu ridé pour cela.
Mais au fait, avec quelle eau pouvons-nous arroser nos plantes ?
La qualité de l'eau est un facteur non négligeable dans la réussite de la culture des
cactus. On l'a vu plus haut, la quasi totalité des espèces préfère un pH de sol légèrement
acide (6 à 6,5), or l'eau du robinet est souvent chargée en bicarbonates, sulfates et
chlorures, ce qui lui confère un pH basique. Les arrosages avec une eau de ce
type apportent trop de sels nocifs pour les cactus et modifient assez rapidement le pH du
sol. La croissance finit par en être nettement ralentie. On peut se permettre d'utiliser une eau dont le pH
est égal ou supérieur à 7 (c'est à dire neutre ou basique), à la condition que sa
minéralisation en sels nocifs pour les végétaux ne soit pas trop importante. Selon la
quantité de plantes à entretenir, on pourra préférer soit de l'eau de source, soit de
l'eau de pluie ou de l'eau déminéralisée coupée avec de l'eau de ville, soit de l'eau
produite avec un adoucisseur domestique de dernière génération (osmose
inverse), soit de l'eau de ville si elle n'est pas trop dure. Attention aux
adoucisseurs classiques, qui échangent les ions calcium par des ion sodium,
aussi toxiques les uns que les autres pour les plantes ! Si l'eau de ville
est très dure, vous pouvez la traiter de la façon suivante :
Pour éliminer le chlore, il suffit de laisser l'eau s'aérer un jour ou deux
dans un bac. Les bicarbonates, très nocifs
pour les plantes, peuvent être en grande partie éliminés par une modeste adjonction
d'acide. Attention, les acides chlorhydriques et sulfuriques ne doivent jamais
être employés. D'un point de vue nutritif, le meilleur acide est le nitrique
car la réaction produit un engrais azoté très utile: le
nitrate de calcium. L'opération est toutefois délicate, il est impossible de
conseiller un dosage précis. Seul un laboratoire d'analyse pourra vous
conseiller sur la quantité d'acide à apporter pour faire descendre le pH au
niveau souhaité. A défaut, procédez impérativement à un contrôle du pH avec un papier réactif ou un
pH-mètre. Un ordre de grandeur: 1 à 3 cm3 d'acide à
58% pour 10 L d'eau, en fonction des propriétés exactes de votre eau. L'acide nitrique étant
très dangereux à manipuler et de toute façon impossible à trouver dans le
commerce de détail, il est conseillé de le
remplacer par de l'acide phosphorique, en augmentant le dosage
jusqu'à obtenir le pH souhaitable. La différence de croissance entre des plantes
arrosées avec de l'eau acidifée et d'autres arrosées avec de l'eau calcaire
est
spectaculaire sur le long terme, car l'acidification empêche la chlorose et
permet une parfaite assimilation des engrais. Si vous ne pouvez pas acidifier
votre eau calcaire, vous pouvez aussi changer régulièrement la terre avec de
bons résultats.
Pour finir, méfiez-vous des brusques changements de temps: si la météo annonce de la pluie,
n'arrosez pas. La terre risquerait de rester mouillée trop longtemps et de faire pourrir
les racines de vos plantes.
LES ENGRAIS
Certains amateurs essayent de faire pousser leurs cactus en recréant très exactement
le sol d'origine de l'espèce, ce qui est bien difficile, pour ne pas dire
utopique, tandis que d'autres laissent leurs plantes pendant des années
dans une banale terre de jardin sans jamais apporter aucune nourriture. De
telles méthodes "naturelles" ressemblent plus à du maintien en vie
qu'à de la culture. Bien sûr, les plantes élevées "à la dure"
survivent, mais ce ne sont pas les meilleures conditions pour obtenir une
croissance correcte et une floraison abondante, but avoué de tout cactophile
qui se respecte. La culture en pot n'a rien de naturel : les racines ne peuvent s'étaler,
prisonnières d'une paroi plus ou moins étanche, et la vie microbienne et
animale y est très réduite. Dans la nature, il n'est
pas rare de constater qu'un petit cactus puisse développer des racines traçantes d'un
mètre de long, les adultes allant quant à eux, beaucoup plus loin. En occupant le sol à
proximité de la surface, les racines permettent ainsi de capter le maximum d'eau de pluie
et de sels minéraux nécessaires à la croissance.
En culture, par contre, le volume de terre à la disposition de la plante est minime. Il est donc logique de
l'enrichir pour compenser les prélèvements de la plante, certes relativement
faibles par rapport à d'autres plantes, mais bien réels. A ce sujet, les fumures
organiques ou les engrais organo-minéraux riches en azote donnent des résultats spectaculaires avec
certaines espèces gourmandes, mais peuvent participer au risque de pourriture
des espèces fragiles, ou transmettre des maladies provoquées par des
bactéries présentes dans les fumures organiques de mauvaise qualité. Les terrains d'origine des Cactées
contiennent une très faible
proportion de matière organique, donc peu d'azote. Il est préférable de les fertiliser
avec des engrais minéraux, par exemple avec de l'engrais liquide spécial Cactées,
faible en azote, riche en phosphore et en potasse, que l'on apportera deux fois par mois
entre avril et août, dans l'eau d'arrosage, et qui favorisera la formation des
épines et la future floraison. En début de saison, vous pouvez
apporter du Séquestrène (chélate de fer) pour faciliter le démarrage et le
reverdissement des plantes chlorosées. Le reste de l'année, ne donnez que de l'eau pure.
Chlorose sur Cereus.
Couleur jaunâtre et manque de croissance
Une alternative très utilisée par les professionnels consiste à mélanger à la terre des billes
d'engrais à libération contrôlée (dit "Osmocote"). Une seule application
peut suffire pour un an, on évite les fastidieux dosages d'engrais, il n'y a pas de
traces sur les plantes, ni de risque de carence ou de surdosage, bref... c'est un système
pratique et parfaitement éprouvé. Attention ! seul le type d'Osmocote le plus faible en
azote peut convenir aux plantes succulentes (Osmocote 9-10-18 durée 12/14
mois).
S'il paraît normal de nourrir les plantes succulentes, il n'est pas nécessaire non plus d'exagérer
dans ce sens. Ne forcez pas les doses ! La croissance optimale n'est pas seulement fonction des
quantités de sels minéraux apportés, mais aussi du taux de gaz carbonique, de la
luminosité et de la chaleur, toutes choses qu'il est difficile de maîtriser sans
installation spécialisée, ni sans habiter dans une région très ensoleillée. Un apport
excessif d'engrais sur des Cactées insuffisamment éclairées les transformera en
melons turgescents dénués de toute résistance aux maladies et aux parasites !
LES MALADIES, PARASITES ET TRAITEMENTS
Quels que soient les soins apportés à sa collection, il n'est pas rare de voir certains sujets
attaqués par des maladies ou des parasites. Autrefois, un vieil adage disait
que "une plante bien cultivée n'attrape jamais de maladie".
Cependant, à cause des accroissements des échanges internationaux, de
nouveaux parasites sont introduits en Europe avec des végétaux importés mal
ou non désinfectés. Ils envahissent de nouveaux territoires sur lesquels les
prédateurs n'existent pas, ou bien bénéficient de climats plus favorables
à leur multiplication. Il apparaît ainsi tous les ans en France de
nouveaux ravageurs. Par exemple, la Fulgorelle (Metcalfa pruinosa) qui
a envahi les jardins du sud de la France, ou le Thrips de Californie (Frankliniella
occidentalis) qui parasite toutes les cultures de plantes à fleurs dans
notre pays. Les champignons responsables de nombreuses maladies sont également
en extension et s'attaquent à des groupes de plantes qui étaient autrefois à
l'abri de ces problèmes.
D'autre part, les
cactus et les plantes succulentes sont originaires de régions très sèches
et peu fertiles. De ce fait, ils sont rarement confrontés à des parasites,
et n'ont pas développé de capacité intrinsèque à résister aux
champignons, bactéries ou insectes qui prolifèrent en zones humides et
tempérées. Il faut savoir que les cactus poussent plus lentement dans la
nature qu'en culture, que les conditions difficiles de survie et les rayons
ultraviolets les nanifient et leur donnent un
épiderme très épais. Quand on les cultive sous un climat tempéré comme le nôtre, ou
dans l'atmosphère douillette d'une serre, on les place inévitablement dans
un contexte plus favorable à la croissance, avec comme corollaire
l'amincissement de leur épiderme, ce qui va faciliter la pénétration des
maladies ou les piqûres d'insectes suceurs.
Pour ce qui est des maladies, les plantes succulentes sont donc essentiellement victimes de divers champignons,
plus rarement de bactéries, qui se développent par temps humide, ou en cas d'arrosage excessif.
Une bonne précaution consiste à systématiquement drainer les pots, à ne pas
les poser sur une surface étanche et à bien ventiler dès que la
température le permet, pour créer une circulation d'air autour des plantes.
Le traitement avec des produits phytosanitaires est possible, à condition de
savoir identifier la maladie. L'identification exacte de l'agent infectieux
n'est pas chose facile. Certains symptômes sont cependant suffisamment
caractéristiques pour permettre de nommer le genre de champignons ou de
bactéries à l'origine du problème. La reconnaissance de l'espèce, par
contre, ne peut se faire que par un laboratoire spécialisé. Au niveau de
l'amateur, cette démarche ne sera pas nécessaire, les matières actives à la
disposition du public étant de toute façon peu nombreuses, le choix du produit
de traitement sera vite fait. L'utilisation continue de produits fongicides à
titre préventif ne peut être conseillée, au risque d'avoir une accumulation
de produits toxiques sur les plantes, sans parler du coût élevé. Bien que les
fongicides soient plus efficaces à titre préventif que curatif, il faut
surveiller sa collection et traiter dès qu'un problème survient, ou en cas de
temps très favorable aux maladies, par exemple en automne quand il pleut
beaucoup. En cas de doute, consultez une entreprise
spécialisée dans le diagnostic ou votre distributeur local de produits
phytosanitaires en amenant un échantillon des végétaux atteints.
La pourriture des racines est due à des champignons appartenant aux genres
Pythium, Fusarium et Rhizoctonia. Ce genre d'infection, non détectée
à temps, peut se propager à toute la plante et provoquer sa mort.
Le Pythium debaryanum est connu pour attaquer les semis et les
boutures, mais les plantes plus fortes peuvent aussi être atteintes.
Typiquement, il s'agit d'une pourriture humide brun orangé qui remonte rapidement des
radicelles vers la tige, en provoquant la liquéfaction des plantules. Sur
plantes adultes, les racines coupées montrent une couleur orange. Des tâches
brun orangé apparaissent près de la base. A noter que les graines peuvent
être également contaminées, ce qui peut expliquer un manque de germination.
Le Fusarium oxysporum est un champignon incurable qui pénètre par
les racines et remonte lentement dans la plante, pouvant y rester des années
dans l'attente de conditions favorables qui vont permettre son expansion finale
plus rapide. Au stade latent, des taches de pourriture sèche brun violacé ou
blanc rosé peuvent se multiplier vers le haut de la plante. Sur une vue en coupe, on peut voir dans les vaisseaux
une couleur orangée. A ce stade, même si la plante semble pousser encore
correctement, il n'y a aucun remède. Le champignon envahit toute la plante,
progressant de l'intérieur vers l'extérieur. En phase critique, la plante
change de couleur, puis diminue de volume et se couvre d'un feutrage rosé par
temps humide. Par temps sec, la plante semble se vider petit à
petit de l'intérieur en se desséchant. Vue en coupe, on découvre une couleur
orangée ou marron et une odeur acre. Les grosses chaleurs sont favorables au
développement de ce champignon.
Le Rhizoctonia solanii est à l'origine de la décomposition des
racines des Haworthia ou des Aloe, qui prennent alors une couleur rouge due au
manque de sève. Il peut aussi s'attaquer aux jeunes Cactées, provoquant une
pourriture du collet marron et leur mort rapide par dessèchement. C'est une maladie qui se rencontre
surtout par temps très chaud.
Comme traitement
préventif à ces maladies, on peut conseiller de désinfecter le sol avant plantation à la chaleur,
d'utiliser un terreau et un engrais plus pauvres en azote, d'augmenter le
drainage, d'arroser moins, de mélanger de la
poudre de charbon de bois au substrat (5%), ou d'arroser la terre avec un
fongicide étudié pour le traitement du sol, à base de sulfate double doxyquinoléine et de
potassium ("Cryptonol") ou de thiophanate-methyl ("Topsin"). En cas d'attaque légère sur racines
seulement, le traitement curatif consistera à couper toutes les racines
atteintes et à faire sécher une ou deux semaines avant de replanter dans
un sol neuf. En cas d'attaques plus graves, bouturer le haut de la plante, en sassurant quil ne reste
pas de points noirs ou orangés sur la tranche, puis saupoudrer la plaie de poudre de
charbon de bois pour la cicatriser plus vite. Les
boutures doivent sécher au chaud plusieurs semaines avant d'être replantées.
Lenracinement prendra de quelques jours à quelques mois, selon la taille de la
bouture et lespèce. On les arrosera très peu au début, sous peine de faire
pourrir les racines naissantes. Dans le premier arrosage, incorporez du "Cryptonol".
Malgré tout, il faut signaler que les plantes atteintes par ce type de maladies
sont très difficiles à récupérer, le champignon gagnant très vite le haut
de la plante.
La "pourriture noire du collet" ou "Mildiou des Cactées"
est due au Phytophthora cactorum. Dans
sa phase la plus visible, elle se traduit par un noircissement,
puis par un ramollissement de la base de la plante, qui se transforme
rapidement en
bouillie marron. Il peut arriver par temps sec que la maladie s'arrête toute
seule, laissant place à des zones nécrosées noires qui se détachent à la longue. Au départ, elle se situe souvent dans les racines,
décomposées par une pourriture noire, mais il arrive que la maladie démarre
directement au collet, plus rarement dans les parties supérieures, en cas
d'éclaboussures avec de l'eau contaminée par les spores. Le traitement est similaire à celui des précédentes maladies.
Pour le traitement détaillé des plantes pourries, consultez notre COURS PRATIQUE N°1.
Certains fongicides sont utilisables en arrosages à titre préventif, à base
de propamocarbe ("Previcur", "Proplant") ou de phosetyl-aluminium ("Aliette").
Cette maladie peut aussi attaquer les Euphorbia.
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Plante atteinte par le Phytophthora cactorum,
pourriture noire du collet. |
Coupe transversale de la même plante. |
La maladie due à la bactérie Erwinia carotovora peut être confondue
avec celle provoquée par le Phytophthora cactorum. La pourriture
commence au collet, prend une consistance très visqueuse et dégage une forte odeur de
poisson pourri. Le haut de la plante est jaune avant de pourrir. Il n'existe
aucun traitement chimique pour cette maladie. Mieux vaut jeter la plante
immédiatement pour ne pas contaminer le reste de la collection.
Les maladies des parties aériennes, à l'origine de diverses taches brunes,
orange ou noires, sont dues à divers champignons,
appartenant aux genres Helminthosporium, Alternaria, Cladosporium,
Colletotrichum, Gloeosporium, Peronospora ... Ils ne provoquent que rarement
la perte des plantes atteintes, mais les rendent généralement invendables.
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Taches diverses dues à des maladies non identifiées sur Opuntia pilifera et aciculata. |
L'Alternaria se développe par temps frais et humide, provoquant des
petites taches noires circulaires. On le rencontre sur les Cactées, sur le
feuillage des Pachypodium , sur le tronc des Euphorbia erythraea ou
sur les Asclépiadacées (Stapelia, Huernia...).
L'Anthracnose des agaves est due au Colletotrichum gloeosporioides. Elle
apparaît fréquemment en automne sur les agaves cultivés en plein air, quand
le temps devient très humide, à partir des feuilles les plus basses. Pendant
l'hiver la maladie monte vers le coeur de la plante. Les feuilles les plus
atteintes doivent être coupées au printemps. L'anthracnose peut aussi se
rencontrer sur les Cactées plantées en rocaille.
Le Phoma ou Conothyrium s'attaque essentiellement aux yuccas,
parfois aux Euphorbia. Des taches elliptiques
noires placées dans le sens des nervures peuvent être présentes en grand nombre mais ne forment pas de plaques
informes comme l'anthracnose sur les agaves.
Le Mildiou (Plasmospora viticola) s'attaque principalement aux
Euphorbiacées et Asclépiadacées cultivées en serre, par temps frais et
humide. Le sommet des tiges se couvre d'un léger
feutrage blanc qui laisse place à des plaques brunes.
La "maladie de la croûte" est due au Diplobotryia sp. Les
Cactées cultivées dans de mauvaises conditions d'aération voient leur base se
recouvrir d'une croûte brun clair finement craquelée, qui remonte lentement
vers le sommet. A ne pas confondre avec le vieillissement naturel des plantes,
qui provoque la transformation de la base des tiges en liège brun clair ou
marron non
craquelé, et ne remonte jamais aussi haut que la croûte.
L'Helminthosporium cactivorum est un champignon très destructeur et très contagieux,
probablement le plus dangereux dans une culture, car il se développe très
rapidement en détruisant le sommet des plantes. Les genres Echinocereus,
Eriosyce et Echinopsis (y compris Lobivia et Trichocereus) sont
très sensibles, ainsi que les Cereus monstruosus.
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Helminthosporium cactivorum (=Dreschlera cactivora)
sur Echinopsis
et Echinocereus. Pourriture noire démarrant au sommet, par temps chaud et
humide, détruisant les petites plantes en quelques jours seulement.
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Anthracnose sur Agave americana.
Taches circulaires noires avec un anneau plus clair, s'étendant à toute la feuille pour
former des taches importantes de pourriture marron. Maladie hivernale
s'arrêtant par temps chaud et sec. |
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Rouille sur Ferocactus latispinus. Taches brun orangé pouvant former à la longue des plaques marron. Maladie
liée à une forte humidité. |
Phoma sur Yucca gloriosa. Taches elliptiques noires par temps froid et humide. |
Toutes ces maladies se
traitent avec des pulvérisations de fongicides polyvalents, à base de mancozèbe ("Dithane",
"Gana", "Remiltine S Pepite") ou d'iprodione ("Rovral
Aqua Flo").
Les traitements aux sels de cuivre (bouillie
bordelaise, sulfate de cuivre) ont un effet préventif sur de nombreuses
maladies cryptogamiques et bactériennes. Evitez de blesser l'épiderme des plantes lors des manipulations,
car les plaies constituent les points d'entrée de ces champignons. Les fleurs
épanouies ou les cicatrices laissées
par la chute des fleurs sont également une source de contamination très fréquente. N'arrosez
pas les plantes par dessus en saison favorable aux maladies. Mouillez-les
plutôt au pied.
La "rouille" se rencontre chez certaines espèces comme Ferocactus
latispinus, Gymnocalycium, Crassula perfoliata... Il s'agit de petites taches
de couleur rappelant la rouille, aux bords plus clairs, qui recouvrent lentement le sommet des plantes.
On traite avec du mancozèbe, du propiconazole ou du myclobutanil ("Gana",
"Systhane").
Le Botrytis cinerea est le champignon responsable de la maladie de la toile
des semis. On le reconnaît à la présence de filaments gris sur le sol et sur
les plantules.
La "pourriture grise" attaque parfois les Cactées et les Crassulacées adultes lorsque
l'ambiance est chaude et très humide. La présence d'une pourriture visqueuse
et d'une abondante poudre noire
est caractéristique de cette maladie à son stade extrême. Le meilleur remède reste l'aération et le
séchage rapide des plantes, car il n'y a pas de matière active très
efficace dans les produits homologués pour les jardins d'amateurs
Le Botrytis ne doit pas être confondu avec la fumagine, qui est due
à un champignon inoffensif, qui recouvre les épines ou l'épiderme d'une fine
épaisseur de poussière noire. Son développement est généralement lié à la
présence de parasites animaux comme les pucerons ou les cochenilles, car la
fumagine se nourrit du miellat, c'est à dire des déjections sucrées des ces
insectes en conditions humides. Les Ferocactus ont des glandes
nectarifères qui encouragent également la fumagine à se propager sur leurs
épines. Il n'y a pas de traitement chimique particulier contre cette affection.
Traiter les insectes parasites pour éliminer leurs déjections. Il est possible
de nettoyer les plantes avec un pinceau et de l'eau savonneuse, puis de les
rincer.
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Botrytis cinerea sur Echeveria laui
Pourriture des feuilles par temps chaud et humide, suivie de l'apparition
d'une abondante poudre noire.
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Fumagine sur épines de Ferocactus recurvus.
Rincer les plantes quand des gouttes de nectar apparaissent sur les
aréoles. Placer les plantes en atmosphère plus sèche et plus aérée. |
Quant aux parasites animaux, les principaux ennemis des plantes succulentes sont les
cochenilles.
La véritable
cochenille ou kermès se présente sous forme de petites carapaces blanches ou brunes fixées sur l'épiderme.
Elle apprécie particulièrement les Opuntia, les Cereus, les Astrophytum, les
Ferocactus, les Mammillaria et les Echinocereus. Elle peut recouvrir de façon
très spectaculaire les plantes, mais c'est un insecte peu mobile, qui reste
longtemps sur la même plante avant de passer à une autre. En cas d'attaque,
une bonne précaution consistera donc dans un premier temps à isoler les sujets
atteints.
La cochenille farineuse est un insecte plus mobile, au corps
cireux, et qui pullule dans les endroits les plus inaccessibles. On la
détecte facilement grâce à la présence de nids cotonneux.
Pour éliminer ces
insectes, on doit nettoyer les plantes avec un petit pinceau-brosse à poils
courts ou un pistolet d'arrosage assez puissant, puis traiter avec
une pulvérisation de produit anti-cochenilles.
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Cochenilles (Diaspis echinocacti) sur Myrtillocactus geometrizans.
Pullulation de petites carapaces blanches sur l'épiderme |
Cochenilles (Diaspis echinocacti) sur Ferocactus wislizenii |
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Cochenilles farineuses (Pseudococcus sp.)
sur Mammillaria grahamii. Masses cotonneuses blanches
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Cochenilles (Diaspis echinocacti) sur Astrophytum ornatum |
Les spécialités courantes à base de malathion et dhuiles minérales ("Anti-cochenilles")
sont utilisables en automne et en hiver sur Cactées , mais pas sur toutes les plantes grasses, Crassulacées
notamment, qui sont sensibles à ces matières actives huileuses. On évitera de traiter les espèces
farineuses (comme Echeveria desmetiana et laui) ou à épiderme couvert de cire (Myrtillocactus
geometrizans, Pilosocereus pachycladus), sous peine de voir disparaître leur couche superficielle, et on
utilisera la dose recommandée la plus faible.
On peut préférer, pour ces variétés, des produits non huileux, à base de bifenthrine
("Polysect", "Kiros", "Talstar"), de pyrèthrines et d'extraits végétaux
("Insecticide pour plantes") ou de roténone ("Insecticide végétal"). Mais ces produits,
très actifs sur les larves, sont généralement moins efficaces sur les cochenilles adultes.
Les poux des racines sont des cousins des cochenilles et des pucerons. Ils s'installent dans les
racines des plantes succulentes, surtout pendant la période de repos où la terre est
sèche. Les plantes qui les attirent en premier sont les Echinocereus, les
Aeonium, les Senecio, les Asclépiadacées (Stapelia, Caralluma, Huernia), et les
Aloe. Le traitement consiste à enterrer des granulés pour le traitement du sol
à base de carbofuran ("Solinvil", "Curater")
ou de diazinon, une ou deux fois par an. En cas de forte invasion, il faut nettoyer
les racines au pinceau, les laver et changer de terre.
Les pucerons, petits insectes collants noirs ou blancs, peuvent commettre des dégâts importants sur
certaines plantes grasses comme les aloès ou les Haworthia, dont ils dévorent le coeur, ainsi que sur
les fleurs des Crassulacées. Heureusement, on les combat facilement avec de
nombreux insecticides polyvalents à base d'extraits végétaux, de bifenthrine ou de deltaméthrine
("Decis") en répétant toutefois le traitement à une semaine d'intervalle et en évitant
dutiliser constamment la même matière active, sous peine de voir apparaître
des souches résistantes.
Signalons qu'une matière active, l'imidaclopride ("Pucerons
systémique Bayer", "Confidor", "Polyaxe"),
se révèle extrêmement efficace sur pucerons, cochenilles farineuses et poux
des racines grâce à son mode de fonctionnement dit
"systémique", qui permet au produit de traverser l'épiderme et de circuler dans la sève de la plante,
alors que les produits ordinaires ont un effet de choc limité à l'épiderme
et ne pénètrent pas dans la plante. L'imidaclopride, non classée au
tableau des produits toxiques ou nocifs, est actuellement homologuée en
jardins d'amateurs sur rosiers et vergers contre les pucerons. Son utilisation
sur cactus contre les cochenilles se fait donc sous votre entière
responsabilité.
Les acariens ( tétranyques tisserands, araignées rouges...) sont de minuscules parasites
qui prolifèrent en atmosphère chaude et sèche. Ils occasionnent des décolorations
brunâtres des extrémités des plantes. Les attaques peuvent aller jusqu'à la
destruction du bourgeon terminal chez les Cactées et à la disparition des feuilles chez
les Mésembryanthémacées. Les Cactées qui les attirent en premier sont les Echinopsis
chamaecereus (= Chamaecereus silvestii ), les Coryphantha,
les Rebutia, les Lophophora. Parmi les succulentes, Pleiospilos,
Pachypodium, Adenium sont leurs genres préférés.
Contre les acariens, le remède préventif consiste à vaporiser souvent de l'eau
sur les plantes par temps très sec, à bien ventiler et à ne pas donner trop dazote.
En cas d'attaque déclarée, mettre si possible les plantes à l'extérieur
pour chasser les parasites. On peut pulvériser de temps en temps un produit
spécial "araignées rouges" à base de dicofol. Les insecticides utilisés
contre les cochenilles et les pucerons sont peu efficaces, ils peuvent même stimuler le
développement des acariens.
Piqures de Tetranychus urticae.
Coloration brun clair de l'épiderme par temps chaud et sec
Les thrips de Californie constituent le nouveau fléau des Cactées pour
les entreprises de multiplication. Petits insectes
étroits et allongés, s'attaquant à presque tous les végétaux, ils se reproduisent très
vite quand il fait chaud. Quasi invisibles dans la journée, les larves et les
adultes piquent le sommet des plantes les plus tendres pour pomper la sève ou
pour injecter leurs oeufs. Le résultat ne se voit que quelques jours plus
tard. Les parties piquées virent au blanc, puis au brun et parfois des pourritures noires
s'installent. Les jeunes plantes des genres Lobivia, Echinopsis,
Trichocereus, Stetsonia, Ferocactus, Eriosyce, Copiapoa,
sont particulièrement attirants pour ce parasite. A titre préventif, on peut suspendre dans la serre des
panneaux englués de couleur bleue, qui attirent les adultes volants. La lutte biologique étant difficile à mettre en oeuvre
chez un particulier, la lutte chimique consistera à traiter toutes les semaines jusqu'à éradication,
avec trois insecticides différents en rotation pour éviter l'accoutumance des thrips à une matière active.
Les plantes atteintes se remettent difficilement à pousser en produisant plusieurs têtes latérales,
parfois après plusieurs années, mais pour les semis ou les repiquages, la moindre attaque est généralement
fatale et se solde par la perte des plantes.
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Dégâts de thrips sur Ferocactus,
apex complètement détruit, pas de repousse. |
Dégâts de thrips sur Oreocereus celsianus,
apex marron et desséché, pas de repousse. |
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Dégâts de thrips de thrips sur Echinopsis ferox,
apex en partie endommagé, d'où repart difficilement la plante. |
Dégâts de thrips sur Trichocereus macrogonus,
sommet très endommagé, d'où repart difficilement la plante. |
Les racines des plantes cultivées en pleine terre dans certaines régions
aux hivers doux peuvent être contaminées par les nématodes (ou
anguillules), sortes de vers microscopiques qui provoquent la thrombose des
canaux conducteurs de sève. L'aspect des plantes atteintes est celui d'une
plante assoiffée : ridée et jaunâtre. Quand on procède à l'arrachage et
à l'examen des racines, on peut voir des nodosités, des galles et des
racines décomposées. Ce type de parasite ne peut s'éliminer une fois qu'il est en
place dans un terrain. Pour sauver les plantes, il faut couper toutes leurs
racines jusqu'au collet, les mettre à sécher un mois ou deux et les faire
redémarrer en pot dans de la terre saine, additionnée de granulés
insecticides à base de carbofuran. Si vous sortez vos plantes à la
belle saison, ne les posez pas par terre si votre jardin est contaminé. Vous
risqueriez d'introduire les parasites dans votre serre en automne. Placez-les
plutôt sur une terrasse bétonnée ou dallée. Méfiez-vous également des
gros sujets proposés à la vente dans les jardineries. Ils proviennent
généralement de pépinières de pleine terre situées dans des pays chauds,
et risquent fort d'être parasités par les nématodes. Placez les en
quarantaine après l'achat et vérifiez l'état des racines avant de les
introduire dans votre collection.
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Malgré les arrosages, ce Ferocactus herrerae
reste ridé et jaunâtre, signe d'un problème de racines. |
Une fois arraché, on peut voir sur ses racines des
galles, des nodosités et des parties pourries. |
Très important : les noms de produits cités en italique sont des substances
ou matières actives, ceux entre guillemets sont les noms commerciaux les plus connus en France.
Mais on peut trouver, sous d'autres noms commerciaux, des produits grand public aux noms
plus ou moins évocateurs et reprenant les mêmes matières actives : lisez bien la composition sur létiquette
pour savoir si votre produit convient. Attention ! Tous ces produits ne sont utilisables qu'en plein air ou en serre,
jamais dans la maison, en respectant bien les prescriptions, dosages et précautions d'emploi indiqués
sur l'emballage. Et notamment : protégez-vous, respectez les abeilles, ne
traitez pas les plantes en fleur, attendez la fin de la floraison, ne
surdosez pas les produits, ne traitez pas sans raison.
En ce qui concerne la réglementation en Europe, tous les produits de
traitements phytosanitaires, d'origine chimique ou naturelle, doivent être
homologués et disposer d'un numéro d'Autorisation de Mise sur le Marché
ou AMM. Pour consulter la liste des produits de traitement autorisés en
France, allez sur le site :
http://e-phy.agriculture.gouv.fr/
. Vous y trouverez la liste des usages autorisés pour chaque matière
active ou chaque produit commercial, la liste des produits
"retirés" (interdits en France), etc. Par exemple, pour
trouver la liste de tous les noms commerciaux correspondant à la bifenthrine,
cliquez dans le menu sur "substances", puis sur l'initiale B. Si
vous découvrez au fond d'un placard un produit non autorisé en France, ne
le jetez pas, vous devez le confier à une entreprise spécialisée dans la
collecte des produits dangereux.
Pour identifier avec précision un insecte, rendez-vous sur le site de l'INRA
(Institut National de la Recherche Agronomique).
LES PLANTATIONS EN PLEINE TERRE
La création d'une rocaille de plantes succulentes
nécessite toujours une exposition ensoleillée. Plantez sur un talus, par exemple adossé
à un muret, plutôt qu'en terrain plat. Placez de grosses pierres, qui retiendront la
terre et emmagasineront la chaleur de la journée. Le sol doit être assez riche et très
filtrant. N'incorporez pas de fumier frais, mais seulement une fumure parfaitement
décomposée. Les sols trop compacts peuvent être amendés avec de la tourbe, du
sable et de la pouzzolane.
Il faut penser aussi à désherber soigneusement car plus tard ce sera très difficile. On
a intérêt à effectuer toute la préparation du terrain à l'automne.
Les plantations se font au printemps, dès que les risques de gel sont passés. Les arrosages sont
nécessaires surtout au printemps et en été, à condition qu'il ne pleuve pas. Un bon
apport d'eau par semaine est largement suffisant, mais vos cactus, une fois bien
installés, pourront s'en passer. Cependant, si vous souhaitez les voir pousser vite, il
vaut mieux les arroser, et les engraisser avec une incorporation d'engrais à libération
lente au printemps. Certaines plantes cultivées dans des terrains trop pauvres prennent
un aspect un peu jaunâtre en fin dhiver, et peuvent apprécier un apport
dengrais organique et de fer ("Sequestrène") au
printemps, pour faciliter le démarrage.
Il est également très utile d'effectuer des pulvérisations de fongicides pendant l'hiver, ou en cas de
fortes pluies, sur les plantes les plus sensibles aux maladies cryptogamiques.
Utilisez du mancozèbe ("Dithane",
"Gana"), ou de la bouillie
bordelaise.
Le désherbage après plantation pourra se faire à la main ou bien avec un désherbant foliaire comme
"Roundup", en utilisant un cache et en protégeant les plantes à
conserver avec des feuilles de plastique. Sur un sol
déjà propre, on peut répandre des granulés de désherbant anti-germination. Pour ce
faire, nous utilisons exclusivement "Snapshot" (Vilmorin), dautres
produits pouvant être toxiques pour les succulentes. Plusieurs années
dexpériences nous ont montré que ce produit est très efficace et ne perturbe pas
la croissance des cactus, même plantés depuis peu de temps. Respectez toutefois les
précautions demploi ! Il est possible également de pailler le sol
avec des galets, du schiste, du gravier ou de la pouzzolane de gros calibre
pour limiter la germination des mauvaises herbes. Dans ce cas, il faut compter
une épaisseur de plusieurs centimètres pour avoir un effet intéressant.
Le choix des espèces se fera en fonction de la température minimale enregistrée en hiver. La grande
majorité des Cactées et des plantes succulentes résiste parfaitement à -4°C sans
abri, si le froid ne dure pas longtemps et que l'exposition est favorable. Quelques espèces sont plus résistantes, mais
peu supportent lhumidité excessive de nos hivers. Pour une toute petite rocaille,
essayez Echinocereus, Escobaria, Echinopsis, quelques petits
Opuntia... Dans un grand jardin, plantez des Opuntia, des agaves, des aloès, des Yucca
en fond de rocaille. Placez ensuite des Trichocereus, des Cereus, des
Cleistocactus, des Oreocereus, des Echinocactus, des Echinocereus.
Couvrez enfin le sol avec des Sedum, Sempervivum, Echeveria,
Delosperma et Lampranthus.
Pour le reste, vous pouvez tenter des expériences sur la base des températures indiquées dans le
descriptif de chaque espèce, si vous habitez dans une région privilégiée. Faites nous
part de vos essais. Votre expérience nous permettra d'élargir nos connaissances dans ce
domaine, les hivers n'étant pas très rudes à Fréjus !
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